En subventionnant seulement les usagers des transports en commun, c’est comme si on lançait le drôle de message suivant : « S’il est vrai que les personnes qui n’utilisent ni la route ni véhicule polluant ne contribuent pas à la congestion routière ni à la pollution, elles ne participement pas activement à diminuer ces problèmes. Pour réellement participer à réduire la pollution et la congestion routière (et être subventionné par l’État pour le faire), il faut parcourir en transports en commun des distances qui autrement seraient parcourues en automobile ». (!!!).
Ce raisonnement me fait penser à celui tenu dans un court métrage humoristique réalisé dans le cadre d’un concours organisé par ING Direct. Un homme qui s’apprêtait à prendre l’autobus change d’idée après avoir regardé les deux dollars qu’il avait dans la main pour payer son passage. Il court alors derrière l’autobus jusqu’à chez lui. Rendu dans sa maison, il annonce fièrement à sa femme sa décision leur ayant permis d’économiser les deux dollars qu’il tenait toujours dans la main. Sa femme le dispute en lui disait qu’il aurait dû courir derrière un taxi. De cette manière, dit-elle, il aurait épargné 25 $ et non pas seulement 2 $. (Au moment d’écrire ces lignes, ce film, intitulé À bout de souffle, pouvait encore être visionné sur le site Youtube
Il est assez facile de comprendre qu’il y a quelque chose qui cloche dans le raisonnement énoncé par la femme dans ce court métrage. L’homme n’économise évidemment pas plus en courant derrière un taxi qu’en courant derrière un autobus. Pareillement, ce n’est pas parce qu’une personne utilise les transports en commun (en suivant des autos…) qu’elle réduit davantage la congestion routière et la pollution que si elle n’utilise ni le réseau routier, ni véhicule émettant des gaz polluant.
Considérant les objectifs visés de réduire la congestion routière et la pollution atmosphérique, ne serait-il pas plus logique et équitable d’octroyer aux citoyens des subventions inversement proportionnelles à leur niveaux d’émissions de pollution et d’utilisation du réseau routier? Autrement dit (car cela reviendrait au même, même si cela paraît moins attrayant que des subventions), ne serait-il pas plus logique et équitable de simplement appliquer les principes utilisateurs – payeurs et pollueurs- payeurs (en se rappelant qu’un usager des transports en commun engendre davantage de congestion routière et de pollution atmosphérique qu'une personne faisant des choix l'amenant à n'utiliser ni le réseau routier, ni véhicule polluant)?
Notes
(1)
Le 9 février 2009, j’ai remplacé le texte original que j’avais affiché en juin 2008 par le présent texte plus court et plus facile à lire.
Texte lié:
« On fait financer les transports en commun par les automobilistes parce que ceux-ci en bénéficient ». Vraiment?!!
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